Vincent HÉRAUD, eudiste
Les six catéchumènes de notre paroisse dont une lycéenne vivent ce Dimanche leur 2e rite du scrutin avant leur baptême avec 2 autres enfants et 2 autres adolescents. C’est le récit de la guérison de l’aveugle-né dans l’évangile selon Saint Jean qui les éclaire à cette occasion. Le cheminement de l’aveugle-né évoque sans doute leur propre parcours.
Tout part d’une question des disciples :« Rabbi, qui a péché, lui ou ses parents, pour qu’il soit né aveugle ? ». Dans la culture populaire des disciples, c’est évident : si une personne a un handicap, c’est forcément lié à une punition de Dieu, lié à son péché ou celui de ses parents. Jésus vient remettre en cause cette représentation de Dieu et de l’homme : Dieu ne sanctionne pas un nouveau-né, même si ses parents étaient de grands pécheurs (et ce n’est pas leur cas visiblement) ; il le rétablit dans la lumière, lui révèle l’amour miséricordieux de Dieu.
Jésus met aussi en lumière un autre type d’aveuglement obstiné, celui des pharisiens, qui ne veulent ni croire ni voir que Jésus a guéri l’aveugle. Ils mènent l’enquête de manière soupçonneuse : était-ce bien lui ? Était-il vraiment aveugle ? Était-ce bien l’action de Dieu en prenant comme excuse que Dieu n’agit pas le jour du sabbat (pourtant jour de célébration de l’acte créateur de Dieu !). Enfermés dans leurs présomptions, ils croient avoir déjà la lumière.
Il est beau de voir en opposition le cheminement de l’aveugle-né qui voit par Jésus. Au fil de ses témoignages, il relit progressivement l’événement de sa guérison pour découvrir combien celui qui lui a parlé n’est pas qu’un simple guérisseur. La rencontre ultime avec Jésus souligne combien cette foi est née de la parole de Jésus. « Tu le vois, et c’est lui qui te parle ». Cette parole qui lui a dite : « Va ! » et à laquelle il a répondu avec confiance quoi qu’encore aveugle.
Et nous, comment voyons-nous ? Est-ce que notre regard est guidé seulement par notre jugement immédiat et définitif, notre souci exclusif de l’intérêt personnel ? Alors nous passons à côté des merveilles de Dieu qui crée devant nous. Voir toute chose comme une œuvre créatrice de Dieu, et l’admirer : voilà le chemin proposé par Jésus.